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Des robots volants à la recherche des citées perdues

Des drones rassemblent les ingénieurs et les archéologues dans leur mission de découverte et d’inventaire des sites Mayas au sein de la péninsule du Yucatan.

Quand il était jeune, Dominique Meyer, titulaire d’une bourse des jeunes explorateurs National Geographic, était partagé entre devenir pompier ou archéologue. Bien que son aversion pour un professeur d’histoire au Lycée le poussa plutôt vers la physique que vers l’histoire, Dominique réintégra la discipline en tant qu’étudiant à l’université de Californie à San Diego lorsqu’on lui demanda de donner un coup de main pour programmer des drones autonomes pour des expéditions archéologiques au Guatemala et au Mexique. C’est ainsi qu’il rencontre Dominique Rissolo, Docteur en archéologie, qui l’incite à appliquer à une bourse « Jeune explorateur National Geographic ».

En septembre 2015, Meyer et Rissolo embarquent pour une expédition vers l’état mexicain de Quintana Roo. A une heure à peine des chaises longues et des cocktails glacés des complexes hôteliers de Cancún, l’état du sud-est du Mexique abrite des douzaines d’anciens villages Mayas. Persuadés que d’autres sites jamais encore documentés puissent exister, Meyer et Rissolo, accompagnés par d’autres membres du centre de sciences inter-disciplinaires pour l’art, l’architecture et l’archéologie (CISA3), commencèrent leurs recherche à Quintana Roo. Leurs but était de comprendre la distribution globale des sites Mayas à travers la péninsule du Yucatán.

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Dominique Rissolo utilise un récepteur GPS pour se diriger à travers la forêt de Quintana Roo jusqu’aux anomalies par les drones et les images satellite.
Photo de Vera Smirnova.

Pour effectuer leurs recherches à Quintana Roo, l’équipe à utilisé un drone à voilure fixe à bas coût. Contrairement aux drones multirotors qui ne peuvent voler qu’une trentaine de minutes , les drones à voilure fixe peuvent voler plusieurs heures. Cela permet à l’équipe d’obtenir de nombreuses images en effectuant moins de vols et donc à moindre coût. En utilisant des images infrarouges, des Lidars et la lumière visible. Le drone a récupéré des données que l’équipe a ensuite pu corréler avec les images satellites afin de créer un modèle numérique de terrain en 3D.

A l’aide du modèle numérique de terrain, l’équipe est ensuite capable de repérer des « anomalies » dans le paysage et cibler les sites susceptibles d’êtres des colonies Mayas encore inconnues. Cette approche permet de cibler les zones les plus prometteuses sans gaspiller de temps ou de ressources. Une méthode qui a porté ses fruits puisque trois nouveaux sites Mayas furent découverts. Deux d’entre eux contenaient des pyramides ainsi que de petits artéfacts.

Cette expédition a aussi prouvé les avantages des drones qui permettent de réduire le temps et le coût. Comme le dit Rissolo, « Les drones sont un catalyseur pour la collaboration ». L’utilisation des drones pour la recherche archéologique a amené des ingénieurs avec les compétences requises et des archéologues à collaborer d’une nouvelle façon. Rissolo est convaincu que cette collaboration bénéficie aux deux parties et permet d’impliquer plus d’acteurs dans la préservation de l’héritage culturel.

Dominique Meyer drone avion voilure-fixe

Dominique Meyer se prépare à lancer un drone à voilure fixe au site Maya de Concil.
Photo de Vera Smirnova.

Cependant, au moment où la « technologie drone » s’améliore et devient plus accessible (en partie grâce aux imprimantes 3D), elle devient aussi de plus en plus réglementée par la « Federal Aviation Administration » (aux Etats-Unis). L’amplification de la réglementation et des restrictions menace de perturber les progrès réalisés aux seins des différentes disciplines scientifiques grâce aux drones.

Pour les explorateurs de tout les jours intéressés par l’utilisation des drones, Meyer prévient « même si les drones sont des plate-formes idéales pour collecter certains types de données, ils ne régleront pas tout les problèmes ». Il recommande de considérer les drones comme « un outil de plus dans une boite à outils », destiné à compléter d’autres méthodes de collecte de données.

Article original sur nationalgeographic.org : Flying Robots and the Search for Lost Cities